François Boisrond et Marlène Mocquet aux Sables d’Olonne

Quand on pense Sables d’Olonne, on pense généralement plage et thalasso plutôt qu’art contemporain.

Pourtant, la station balnéaire s’enorgueillit, depuis 1963, d’un musée dédié aux artistes des XXème et XXIème siècles et installé (âmes pieuses s’abstenir) dans une ancienne abbaye du XVIIème siècle.

L’extérieur du Musée conserve l’architecture originale du bâtiment

Abritant des collections permanentes de Victor Brauner et Gaston Chaissac principalement, le musée de l’Abbaye Sainte-Croix présente toutefois les œuvres dans un décor blanc et sobre qui ne vient rappeler en rien l’ex-fonction ecclésiastique du bâtiment – neutralité qu’à titre personnel je trouve plutôt dommage, un contraste plus saisissant entre les deux univers aurait pu se révéler intéressant. Le tout agrémenté de cartons explicatifs relativement exhaustifs mais quelque peu pointues.

A l’intérieur, la muséographie tranche avec l’aspect ancien des lieux.

Sans caractère particulier hormis son historique, le lieu a cependant le mérite d’exposer des artistes à la patte affirmée : l’Abbaye héberge – outre une exposition d’art moderne autour de la thématique « figuration et défiguration » (jusqu’en mars 2013) – des travaux de François Boisrond et Marlène Mocquet, jusqu’au 17 juin.

De la décennie 1980, alors qu’il participait au mouvement de la « figuration libre », à ces dernières années, le style de François Boisrond, peintre de la vie contemporaine dans ses aspects quotidiens, a connu des évolutions majeures. En présentant une large palette de ses œuvres, des plus anciennes aux plus récentes, la rétrospective des Sables d’Olonne met bien en évidence ce passage progressif d’une peinture colorée, vivante, aux traits délibérément grossiers, évoquant presque la BD (à la manière de Charles Berbérian ou encore François Avril), à un style à la fois plus sobre et plus réaliste, jouant sur la représentation d’une vie urbaine à laquelle il donne un aspect flouté. Constater ce changement par étapes – approximativement un style par décennie ! – est particulièrement intéressant et, de mon point de vue, l’un des points forts de l’exposition.

A gauche, François Boisrond en 1980. A droite, François Boisrond en 2005.

On monte ensuite sous les combles, espace dévolu à Marlène Mocquet (entendu par un visiteur au détour de l’expo : la petite-fille de Guy ?). Contraste détonnant avec le reste du musée ; preuve que l’Abbaye Sainte-Croix sait faire dans la diversité. La peinture de Marlène Mocquet est étrange, colorée, biscornue, parfois dérangeante et toujours singulière. Ses créatures grimaçantes aux gros yeux ronds, fantastiquement expressives, qui semblent nées d’une tâche d’encre ou d’un jet de peinture et couler ensuite naturellement sous le pinceau souple et léger de l’artiste, vous interpellent, surgies d’un imaginaire qui évoque plaisamment celui de l’enfance. Un art qui se ressent avant toute chose (cf. Jean-Michel Ribes !), bien loin de l’intellectualisme conceptuel cherchant dans toute œuvre une signification. Le coup de cœur pour cette jeune peintre à l’avenir prometteur !

Marlène Mocquet, créer un monde autour du hasard des mondes et des couleurs.

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