Le Guggenheim de Bilbao (1/3) : je le classe dans « musées » ou « oeuvres » ?

L'instant carte postale ! (Photo Bastien Deceuninck)

Il y a quelques semaines, la directrice de l’école nous a fièrement annoncé « Cette année, nous partons à Bilbao faire du journalisme culturel». Etincelle dans mes yeux, une semaine au musée Guggenheim à décortiquer les expositions dans tous les sens. Et Madame la directrice d’ajouter : « Et notre objectif sera de parler de culture sans parler du Guggenheim ». Ascenseur émotionnel, quand tu nous tiens…

Pas – ou peu – de reportages sur le fameux musée dans Bilbao Kultur Lab (BKL), donc. Ce qui ne m’a pas empêché pour autant d’aller visiter le Gug’ moins de 24 heures après mon arrivée. 

Et finalement, en m’attelant à l’écriture de ce billet, je me rends compte que ne pas parler du Guggenheim (en tant que musée) dans Bilbao Kultur Lab – chose qui m’a longtemps laissé sceptique – n’est pas un mal. En fait, on a déjà tout dit, sur ce musée : son côté imposant, déjà vu. L’abandon des grandes pièces blanches des musées d’art contemporain – le fameux «white cube» au profit d’une muséographie plus «organique» où les salles se suivent et ne se ressemblent pas, déjà lu. L’imposant atrium baigné de lumière naturelle, idem. Finalement, on ne peut plus rien écrire sur le musée Guggenheim,  à moins de parler de ses femmes de ménage, comme l’ont brillamment fait deux de mes camarades pendant BKL.

On dit souvent – et je suis un fervent défenseur de cette théorie – qu’une oeuvre d’art, ça ne se comprend pas, ça se ressent. Surtout dans l’art contemporain. Dans ce cas, le musée Guggenheim de Bilbao est une oeuvre à part entière plus qu’un musée. Pour prendre conscience de ce qu’est ce bâtiment, il faut en faire le tour, y entrer, et le parcourir. Pas d’autre solution.

La seule chose que je peux m’aventurer à vous dire, c’est que l’édifice est beaucoup moins imposant qu’il n’y paraît (il a presque une taille humaine, finalement), mais beaucoup plus impressionnant.

Pour le reste, un conseil, allez au Guggenheim. Baladez-vous sur la passerelle qui sépare le musée de la rivière. Observez l’araignée de Louise Bourgeois par-dessous. Promenez-vous dans les immenses installations d’acier de Richard Serra, La matière du temps : si possible à plusieurs, en marchant ou même en courant. Prenez les ascenseurs d’un côté, les escaliers de l’autre. Restez un moment devant les panneaux LCD de Jenny Holzer. Marchez sur les coursives qui dominent le hall d’entrée, franchissez les rideaux noirs, allez respirer sur la terrasse en compagnie d’une sculpture de Jeff Koons. Et là, vous sentirez peut-être que le musée Guggenheim de Bilbao est unique, que ce n’est pas seulement un musée, mais aussi une immense installation dans laquelle des milliers de visiteurs s’immergent chaque jour.

Donc, je n’ai pas pu décider : l’article est classé dans « musées »… et dans « oeuvres ».

2 thoughts on “Le Guggenheim de Bilbao (1/3) : je le classe dans « musées » ou « oeuvres » ?

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