Sociétés secrètes, exposition secrète

Attention avec le noir, quand même, c’est salissant. (Photo F. Deval / Mairie de Bordeaux)

C’est l’événement de fin 2011-début 2012 au CAPC de Bordeaux. Une exposition consacrée aux sociétés secrètes, aux loges maçonniques, à leurs rites d’initiation et à tous les mystères qui les entourent. Quatre verbes pour décrire l’exposition : « Savoir, oser, vouloir, garder le silence ».

Sur le papier, ça s’annonçait passionnant. A l’entrée du musée, aussi. Les galeries consacrées à l’expo sont toutes obstruées par des panneaux noirs, seuls deux petites portes dérobées permettent d’entrer. Et là… Sursaut. On se retrouve entouré de murs noirs, face à un immense tableau de Lynette Yiadom-Boakye, très sombre, pour nous acceuillir. Sur la droite, seule zone éclairée de la salle, une minuscule photo de George W. Bush… retournée par l’artiste Jonathan Horowitz. Et pour passer d’une salle à l’autre, des ouvertures triangulaires. Là, le signe maçonnique est assez clair. Mais on n’ira pas plus loin.

Car l’exposition n’est absolument pas claire. Certes, de temps à autre, on croise un symbole maçonnique explicite, une séance de spiritisme peinte par Armin Boehm, de drôles de rites initiatiques, ou d’authentiques marteaux utilisés dans des loges. Mais rien ne nous est expliqué. Et rien n’est fait pour nous expliquer ce à quoi on a affaire. Les cartons présentant les oeuvres se contentent de donner le minimum d’informations. Le prospectus donné à l’entrée de l’exposition ne contient ni plan, ni liste des oeuvres, et encore moins quelque explication que ce soir. Les textes accompagnant l’exposition, et les thèmes des salles, restent mystérieux. Et l’audioguide proposé gratuitement nous donne des infos sur les sociétés secrètes, certes, mais rien sur les oeuvres que l’on peut voir. Autant dire qu’à moins d’être un spécialiste en art contemporain ou en symbolisme, il sera difficile de comprendre quoi que ce soit à l’expo.

Non, ces gens ne jouent pas au jeu du « facteur qui n’est pas passé ». (Photo F. Deval / Mairie de Bordeaux)

Il y a un deuxième problème : Sociétés secrètes est sombre, lugubre, dérangeante. Ici une vidéo présente un rite initiatique où un homme nu tourne sur une table jusqu’à épuisement. Là, des personnages apparemment en transe dansent sur un mur. Ailleurs encore, un homme est allongé au sol, immobile : la sculpture, réaliste, est glaçante, d’autant plus qu’elle porte le nom du somnambule. Pour ceux qui ne sont pas habitués aux expositions contemporaines, ou pour ceux qui, comme moi, ont une relation difficile à l’art contemporain, Sociétés Secrètes n’est pas la meilleure voie d’entrée.

Reste une bonne idée : celle de représenter visuellement et géographiquement l’élévation du spectateur qui petit à petit découvre les coulisses des sociétés secrètes et devient un illuminati. Peu à peu, les salles sont un peu plus lumineuses. Pour devenir carrément blanches, quand on attaque la deuxième partie de l’exposition, au deuxième étage du musée.

Avec cette exposition, le CAPC nous prouve encore une fois qu’il est capable du meilleur comme du pire. « Etrange et proche », l’exposition présentée en ce moment également sous la grande nef du musée, est nettement plus accessible et forte, même si elle repose aussi sur un concept pointu.

Sociétés Secrètes, jusqu’au 26 février 2012, au CAPC, 7 rue Ferrère à Bordeaux. Entrée 5 €. Tarif réduit 2,5 €.

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