« The music of Pipilotti Rist’s Pepperminta », éternel commencement.

Un objet beau… mais cher.

On en parlait il y a quelques mois dans les colonnes du blog, la vidéaste suisse Pipilotti Rist s’est lancée dans l’aventure du cinéma. C’était il y a deux ans, avec le film Pepperminta, l’histoire d’une Fifi Brindacier des temps modernes qui veut révolutionner le monde en hypnotisant les gens grâce à des couleurs.

Une sortie en salles confidentielle, aucune trace du film en DVD ou sur les plateformes de téléchargement (légal ou pas, d’ailleurs), la seule relique restante est la bande-originale du film. Et encore, pour la trouver, il faudra être perspicace ; ce sera un achat en ligne, ou les rares endroits où il est possible de le trouver en France, la librairie du Centre Pompidou ou le Centre Culturel Suisse.

Le concept ? Bon. Nous avons donc entre les mains un CD d’art contemporain, objet assez rare pour qu’on y prête attention. Pipilotti Rist avait déjà fait le coup en publiant un CD des bandes-son de ses installations vidéo, elle remet donc le couvert avec la bande-originale de son film expérimental. Autant le dire, on aura été prévenus.

L’objet ? Assez beau, ce qui peut justifier son prix élevé (30 euros pour un CD de 11 pistes, tout de même). C’est un livre-disque d’une soixantaine de pages, rempli d’images issues du film, chacune étant une petite oeuvre de Rist, fidèle au genre de la dame. Des images colorées, en (très) gros plan. Et les paroles des chansons, en anglais et en allemand. Le tout, assez psychédélique, est assez plaisant.

La musique ? Composées par Anders Guggisberg, les onze pistes de l’album sont autant d’ovnis musicaux. Chaque titre porte un nom de couleur (vert sève, violet clair, rouge sang, rose-ver-de-terre, etc.) et parfois une tournure philosophique ou conceptuelle. Il y a d’une part des instrumentaux (certains comportant des extraits de dialogues), d’autre part des chansons. Les premiers sont à peu près écoutables ; teintés d’un peu d’onirisme, ils accompagneraient à merveille une soirée dans un bar lounge psychédélique. Les chansons (au nombre de quatre), de leur côté, ont toutes de bons éléments, qui pourraient presque faire oublier que l’on est dans un CD d’art contemporain. Sauf que toutes sont parasitées par des sons perçants qui rendent l’écoute désagréable : un son suraigu sur la chanson-titre «Pepperminta» et sur sa reprise en version reggae, ou des hurlements en choeur dans « Ein Fehler Gebraten » (comprenez « Un roti d’erreur »).

Nous passerons sur les paroles, souvent une ou deux phrases répétées en boucle, ou des extraits de dialogues du film.

Donc, peut-on vraiment mettre ce CD sur son iPod comme on le ferait avec un best-of des Beatles ? L’impression qui se dégage de l’écoute de ce disque est un sentiment d’inachevé. Chaque piste ressemble à l’intro – souvent alléchante d’ailleurs – d’un titre entraînant ; on attend souvent d’entendre arriver de la batterie, de la basse, des paroles… Et rien. 40 minutes d’intros, c’est long. Au final, l’ensemble est assez difficile à écouter, sauf éventuellement en musique d’ambiance, en tout début de soirée… Ou alors, je vous en recommande l’écoute pendant la visite d’une expo ou d’un musée, l’ambiance sonore colle généralement plutôt bien !

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