Animation et surréalisme. Dalí, Dalí cool.

L’avantage du dessin animé, par rapport au cinéma en prises de vues réelles, c’est que l’on peut y passer très facilement de la réalité au rêve. On peut, en un instant, passer d’un décor de ville triste et morne, à un décor étrange, où des maisons poussent à l’horizontale. C’est un peu comme dans le surréalisme, en fait. Mais si, le surréalisme. Ce courant artistique où les montres ramollissent, où des montagnes prennent forme humaine, et où des objets volent sans qu’on comprenne vraiment pourquoi.

Cette remarque, je me la suis faite en allant au cinéma voir en avant-première «Le magasins des suicides», le premier film d’animation réalisé par Patrice Leconte, qui sort à la fin du mois de septembre. Le film, à l’humour noir finement dosé, est assez plaisant, et les dessins sont très, très réussis.

A première vue, l’esthétique du film ressemble plus à un album de BD qu’à une toile de Dalí. Mais ce qui attire l’attention, c’est l’une des (nombreuses) scènes musicales du film. On y voit deux des protagonistes, Lucrèce et Mishima, chanter que vendre aux gens des cordes pour se pendre, c’est pas très marrant. Le tout dans un décor désertique mais coloré, où des bâtiments aux formes étranges ont de drôles de perspectives. Ce qui n’est pas sans rappeler l’oeuvre de Giorgio de Chirico, l’un des maîtres italiens du surréalisme.

Alors, coïncidence ou clin d’oeil de la part de Patrice Leconte ? La question est lancée. Mais c’est surtout l’occasion de se souvenir que surréalisme et cinéma d’animation ne sont pas si distants… Malgré ses graphismes psychédéliques, Yellow Submarine des Beatles est complètement surréaliste, avec son Nowhere man.

Et surtout, il y a Destino. Disney + Dalí, un duo explosif (encore plus que Daho + Dani). Dans la foulée de l’expérience expérimentale assez arty de Fantasia, les deux artistes travaillent ensemble sur un projet de court-métrage dès 1946, qu’ils n’achèveront pas. Ce sont les équipes françaises des studios Disney qui s’en chargeront… en 2003. Et le résultat est réellement digne d’une peinture de Dalí. ON EST totalement en immersion dans l’oeuvre du peintre catalan. Et quand même un peu dans un Disney. Preuve que l’animation grand public, et l’art moderne un peu pointu, peuvent finalement s’imbriquer sans problème.

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