Hyber’actif

Fabrice Hyber, c’est « ze » artiste à ne pas manquer en ce moment pour quiconque se veut rat d’expositions à Paris. Hyber expose cet automne dans pas moins de quatre lieux différents, dont les très notables Palais de Tokyo et Mac/Val. Avant son alléchante exposition d’objets « réinventés » à Vitry-sur-Seine, petit tour de l’exposition proposée au Palais de Tokyo.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire dans les colonnes de ce blog, le Palais de Tokyo n’est pas un lieu que je porte particulièrement dans mon coeur. Froid, parfois sinistre, il propose des expositions pointues et souvent difficiles à appréhender. Dans la nouvelle programmation du lieu, une exposition se détache toutefois, celle de Fabrice Hyber, première de quatre expos consacrées à l’artiste cet automne. On le retrouvera en effet au Mac/Val de Vitry-sur-Seine avec une exposition qui s’annonce très intéressante, mais aussi à l’Institut Pasteur et à Saint-Paul-de-Vence, à la fondation Maeght.

L’espace consacré à Hyber au Palais de Tokyo s’ouvre sur un immense nuage gonflable, duquel tombe une pluie faite de centaines de fils de pêche. Digne d’un décor d’opéra, l’installation est impressionante par sa taille et par sa beauté épurée. Le reste de l’exposition est fichtrement bien conçu, sur l’idée d’un « spa mental ». Passons sur le concept, venons-en à l’application : les quatre salles qui composent l’expo se visitent deux fois. Une première fois au niveau du sol, où l’on navigue entre les oeuvres (voire dans les oeuvres) ; une deuxième fois en altitude : grâce à une coursive montée pour l’occasion autour de l’espace d’exposition, on peut contempler les oeuvres sous un angle nouveau… mais aussi les visiteurs, qui, pour le coup, deviennent partie intégrante du dispositif.

Quid des oeuvres présentées, à proprement parler ? Il s’avère que Fabrice Hyber est si protéiforme dans son travail, que l’on peut se trouver fasciné par l’une de ses propositions artistiques, et rester de marbre devant d’autres. Comme souvent, tout est histoire de goût et de ressenti. Les toiles et les croquis présentés ne présentent pas, à mon sens, un grand intérêt. Pas plus que l’immense installation composée de draps et de voiles dans la salle intermédiaire, qui ne frappe que par sa démesure.

En revanche, quand Fabrice Hyber fait joujou avec les matières premières, tout devient beaucoup plus intéressant. Sa sculpture humaine faite entièrement de légumes n’est pas sans rappeler les toiles d’Arcimboldo. Quant au célèbre « mètre carré de rouge à lèvres », monochrome entièrement composé – comme son nom l’indique – avec du rouge à lèvres, il conserve un aspect assez fascinant, tout comme sa réactivation sous la forme d’un « mètre cube de rouge à lèvres ».

Le travail d’Hyber touche au génie quand l’oeuvre demande une action du spectateur. Hésitation, suspicion. Faut-il ouvrir la cabane ? A-t-on le droit de toucher ? OUI. Il faut toucher, il faut ouvrir la cabane, et là, surprise, ici un ventilateur géant entre en action pour nous souffler une tempête de vent dessus ; là, un orage miniature se déclenche à l’intérieur de l’une des cabanes. Ludique, surprenant, englobant. Voilà ce que j’aime, dans une oeuvre d’art contemporain. Et ici, tout y est.

Une fois n’est pas coutume, « j’ai testé pour vous » comme on dit (avec le camarade Mickaël Frison derrière la caméra) :

Reste l’ultime salle – apparemment un jeu de ballon carré ; inactif lorsque j’ai visité l’exposition. Mais la salle en elle-même tient déjà du terrain de jeu, où des caméras filment en temps réel pour refléter notre image sur les murs… dans le désordre. De quoi se perdre dans une salle pourtant parfaitement rectangulaire !

En un mot, et pour conclure, l’exposition de Fabrice Hyber vaut le coup d’oeil. Tout n’est pas à retenir, mais c’est le genre d’expositions, interactives et concernantes, qui peut plaire à un grand public. Nul doute que son exposition au Mac/Val à partir de novembre, qui mettra en scène des prototypes d’objets en fonctionnement, dont la fonction originelle est détournée (comme le ballon carré ou le Ted’Hyber), saura jouer également sur cette corde.

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