« Logical Song » : un Ange Leccia passe

Ange Leccia. On peut difficilement prononcer ce nom sans avoir envie de feindre l’accent corse. Mais même si l’artiste s’est acoquiné avec Laetitia Casta pour certaines de ses œuvres (on va y revenir), ce n’est pas la corsitude du monsieur sur laquelle nous allons nous attarder. Jetons plutôt un œil à l’exposition présentée au Mac-Val de Vitry-sur-Seine (dont j’ai déjà dit tout le bien que je pense), « Logical Song« . L’exposition est finie depuis quelques jours, mais ce n’est pas une raison pour ne pas nous y intéresser en quelques lignes.

Assis, à même le sol de la salle. C'est le meilleur moyen de profiter de l'expo.

Assis, à même le sol de la salle. C’est le meilleur moyen de profiter de l’expo.

Sous le terme « d’exposition » se cache en fait une seule et unique oeuvre : un montage vidéo d’une demi-heure, composé de plusieurs extraits de films réalisés par Leccia depuis le début de sa carrière, au début des années 80, avec sa résidence à la Villa Médicis de Rome (une séquence qui ouvre d’ailleurs le montage). Dans cette composition, Ange Leccia remixe ses vieilles vidéos : il les ralentit, les accélère, les coupe, les inverse ; le tout mélangé avec des créations récentes. Un peu à la manière de ce qu’avait fait Anri Sala avec son carrousel vidéo au Centre Pompidou.

Concrètement, en entrant dans l’exposition, le visiteur se trouve plongé dans une pénombre assourdie par la musique, choisie savamment par Ange Leccia pour illustrer ses vidéos. En quelques secondes, on se retrouve plongé au coeur des vidéos, projetées sur six écrans géants disposés de telle sorte que d’où qu’on se place, d’où qu’on se tourne, on ait les yeux sur l’oeuvre. Les couleurs se succèdent, du vert pâle d’une vidéo mal cadrée tournée à la villa Médicis, au début des années 80, quand Ange Leccia débutait, jusqu’au rouge vif de l’ultime vidéo, un portrait en plan fixe d’une jeune fille au regard perdu, ailleurs… mourante ?

Les portraits. C’est justement la spécialité d’Ange Leccia, dans cette exposition en tout cas. Les portraits d’adolescents pour être exact. Des adolescents pensifs, filmés en gros plan, comme Laetitia Casta, qui nous fixe du regard, depuis le fond de l’eau. Et puis, ces deux jeunes qui chantent, l’une sur « Logical Song« , l’autre sur « Sorry seems to be the hardest word« , sans jamais adresser le regard à la caméra, comme s’ils étaient gênés, intimidés. Leur voix, timide et faible, semble cacher un malaise. Et pourtant, ces images nous parlent, parce que la musique qui les accompagne, on l’a tous entendue un jour. Supertramp, Elton John, et ces jeunes sur grand écran. Touchant,

La séquence se termine par un montage abstrait, rouge vif, puis bleu, avant de se terminer, sur un rock psychédélique et mélancolique et une chorale presque mystique, et ce visage au ralenti, qui hoche la tête sans fin. Au bout d’une demi-heure, le film recommence. Pourtant, on en aurait redemandé.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s